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La détention en France : Les camps d’internement français de la première guerre mondiale
Posté par acatparis5 le 9/2/2009 15:02:48 (8233 lectures)


2) Combien d'internés ?


Il est difficile de donner un chiffre exact (absence archives centrales) car on ne dispose que de quelques chiffres ministériels, contradictoires, en réponse à des questions de parlementaires.


Selon Malvy, 45 000 Austro-allemands ont été concentrés dans les camps la première année de la guerre. Si l'on ajoute les 8 000 Alsaciens-Lorrains, plus les indésirables et suspects évacués sur les camps de triage pendant toute la durée de la guerre (environ 15 000, dont un sur cinq ira ensuite dans un camp de suspect ou d'Austro-allemands), on peut estimer à environ 70 000 le nombre de personnes ayant été internées tout au long de la guerre. Evidemment pas pour toute la durée de la guerre, car les effectifs ont constamment varié, globalement dans le sens de la diminution puisqu'au début 1918, il n'y aurait plus que 11.500 internés.


En fait, il y a des arrivées nouvelles tout au long du conflit, en dehors même des suspects évacués de l'armée et de Paris ou des quelques Austro-allemands ayant échappé aux évacuations d'août 1914. Les nouveaux venus le sont à la suite à des opérations militaires : il s'agit de matelots de navires ennemis capturés (ou matelots austro-allemands de navires neutres), d'Allemands capturés dans les colonies (Togo, Cameroun), et, plus, nombreux, de Grecs, Macédoniens et Ottomans expulsés de la zone des armées d'Orient. Les Macédoniens sont arrêtés dans la région de Salonique pour suspicion d'espionnage au profit des « germano-bulgares », soit qu'ils possèdent des armes ou des munitions bulgares soit que leurs sentiments paraissent « bulgarophiles » ou que leur état de fonctionnaires locaux (employés de la Régie, douaniers) rende a priori leur circulation dangereuse. Mais des arrestations ont des motifs plus futiles comme le franchissement de lignes sans laissez-passer. Pour la plupart cultivateurs, illettrés, ne pouvant présenter de papiers que certains n'ont jamais eu, ils font plutôt figure de victimes de la guerre que d'espions véritables. A lire une pétition des socialistes Russes internés à Précigné, camp où l'on trouve beaucoup d'évacués d'Orient, les motifs d'arrestation sont sans grande valeur : « Il y a là 2 jeunes bergers de 16 à 17 ans, naïfs, incultes, arrêtés en Macédoine, à la suite d'un accident. Tombés dans une tranchée en passant avec leurs troupeaux, un fil téléphonique s'en trouve coupé. Arrêtés, passés en conseil de guerre et acquittés, déportés ensuite en France et internés ici »


Les sorties sont bien plus nombreuses et résultent - en dehors de la libération des sujets relevant des nationalités opprimées de l'Empire autrichien : Tchèques et Polonais - d'échange de prisonniers civils entre belligérants via l'intermédiaire des pays neutres (USA, Espagne, Suisse)


Les premiers rapatriement massifs ont lieu à partir d'octobre 1914 avec le départ des vieillards, femmes et enfants allemands et autrichiens. Cela peut-être vécu comme une mesure de rigueur en raison de la séparation, surtout si résidence ancienne en France.


Ensuite, toujours dans le cadre de la réciprocité, un accord de mars 1916 permet de rapatrier les inaptes à la mobilisation (abaissement de l'âge à 55 ans, infirmités malades selon une nomenclature médicale définie, avec visite par des commissions médicales franco-suisses)


Puis, surtout, les accords de Berne avec l'Allemagne le 26/4/1918 prévoient le rapatriement dans le délai de 3 mois de tous les internés le souhaitant. Un accord similaire est signé avec d'autres pays. Mais l'application en est tardive et les départs se feront surtout après l'armistice, jusqu'en juillet 1919, pour les Ottomans.


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